Les romans de Chris

Les romans de Chris

Ravenbrück mon amour de StanislasPetrosky

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Préface :

Gunther, jeune artiste allemand enrôlé de force au moment de la construction du camp de Ravensbrück, en devient l’illustrateur officiel, obligé de mettre son talent de dessinateur au service des autorités nazies

Rien n’échappe au crayon affûté du jeune homme : l’horreur des camps, les expériences médicales, les kommandos, les mœurs des officiers, la vie, la mort.

Dans ce roman noir, Stanislas Petrosky pénètre au cœur de Ravensbrück et en décrit implacablement chaque recoin, afin de ne jamais oublier.

 

 

Mon avis :

Avant d’aimer l’homme, j’ai eu le plaisir de faire partie du comité de lecture et découvert l’auteur, la plume de Stanislas Petrosky pour son roman Ravenbrück mon amour. En littérature, il n’y a pas de place pour les sentiments, juste son ressenti sur un thème que l’on a tous en mémoire. Une période qui restera gravée en chacun de nous, celle que Stanislas a décidé de coucher sur des pages en y apportant toute sa sensibilité, son cœur,  cette vérité en hommage à ces femmes qui n’ont pas survécues ou qui resteront marquées à jamais.

Gunther Frazentich vit dans un petit village en Allemagne, pour ses parents sa destinée est toute tracée, il reprendra avec son frère la ferme familiale. Le jeune garçon aspire à bien autre chose, il a la fibre artistique en lui et s’échappe quand il peut de cet environnement agricole pour dessiner, juste un petit carnet et son crayon de bois suffisent à son bonheur. A 20 ans, considéré par son père comme un paresseux, inutile, une bouche de trop à nourrir, celui-ci le donne volontiers au régime nazi comme travailleur sur un chantier qui s’avère être la construction d’un camp d’internement. La naissance du camp de Ravensbrück a lieu et deviendra l’enfer des femmes. Travaillant comme un forçat, regrette-t-il le boulot ingrat de la ferme ? Certainement. Durant plusieurs mois, le jeune homme assiste à l’arrivée des convois, de ces femmes que l’on dépouille de toute humanité, de toute identité. Les cauchemars récurrents peuplent ses nuits et ses croquis se remplissent, figent la violence, les tortures, la barbarie qu’on inflige à ces femmes. Des carnets précieux qu’il compte montrer au monde entier une fois cette guerre finie pour témoigner de la vérité des faits aussi horrible soit-elle.

A la lecture de RMA, l’oppression est permanente. Vous respirez cette odeur persistante de la mort, l’impuissance face à cette barbarie perpétuelle. L’oppression de se dire que tout ceci est bien trop surréaliste pour être vrai, pour avoir été vécu et pourtant, rien n’est fiction.

Au fur et à mesure de cette lecture, vous ne ferez qu’un avec Gunther. Vous serez ses yeux qui voient ces visages qui ont perdu l’espoir, toute dignité, vous serez cette main qui dessine ces faits insoutenables, vous serez ému, touché, bouleversé car l’auteur ne vous épargne pas. Les a-t-on épargnés eux ? Toutes ces femmes, ces hommes, ces enfants ? Ont-ils eu le choix de fermer les yeux, tourner la page pour se dire que tout ceci n’est pas réel ?

La plume de Stanislas est précise, crue, sensible, c’est un premier roman qui a nécessité un travail de recherche énorme et je doute qu’il soit sorti indemne de cette histoire. Les personnages, la véracité des faits et la précision sont bouleversants. Il me tarde de découvrir les autres ouvrages parus dans cette collection : Un vent printanier de Michel Vigneron et Zazou de Jean Mazarin.

 

Paru aux éditions : //www.atelier-mosesu.com/ravensbruck-mon-amour/

Prix :18 euros

 

 



05/03/2015
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